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L’esprit et la matière - de la tradition à l’innovation

S’il aimait être entouré d’amis avec qui il dialoguait volontiers d’art, MANOLI restait solitaire dans sa création.  Sa démarche et ses recherches restent très personnelles.

Inventeur de techniques nouvelles, il ne s’inscrit dans aucun courant. « Fort discret, l’un des plus beaux talents, l’un des plus singuliers aussi, de sa génération de sculpteurs »,  écrit Roger Bouillot (Tout Prévoir, 1991).

A ses débuts, MANOLI modèle la glaise et le plâtre dans une facture classique.  Dès 1956, le mouvement, devient un élément essentiel de sa recherche, dynamisant ses volumes épurés parmi lesquels les mobiles – acrobates et danseurs – furent très remarqués.

Dès les années 60 il abandonne le modelage préférant le chalumeau pour travailler le métal, la faïence ou le granit. Surnommé « Manoli la flamme » par Pascal Bonafoux, on avait l’habitude de le voir dans son atelier harnaché des ses lunettes ou de son casque protecteur.

« Ce bousculeur de formes aime jouer avec le feu et en apprécie autant les colères que les brusques féeries», écrit Jean-Marc Campagne. Chalumeau à la main, MANOLI innove en modelant le granit, en dessinant les plaques de faïence. Il illumine, en une irisation, le laiton, puis l’inox ;  la lumière vient s’accrocher dans des tons chauds et dorés.

A la même époque, MANOLI s’intéresse aussi aux matériaux de récupération. Les ustensiles de  cuisine, les dépôts  des ferrailleurs et des quincailliers sont autant de sources où le sculpteur cherche son trésor. Isolés ou assemblés, soudés ensemble, ces objets gardent leur identité ; anoblis par l’artiste, ils se métamorphosent en compositions inattendues, figuratives ou abstraites. La Grande Voile de la gare Montparnasse, 1992, est l’un des points culminants de cette recherche.

Les amateurs connaissent aussi ses compositions à partir d’armatures de parapluies mues par un mécanisme caché.  On pense plus particulièrement à l’Œil (1971).  « Ouvert sur le monde, à la cadence de respiration de la mer ou celle de l’homme qui emmagasine d’abord des images et qui y réfléchit ensuite. Cet œil marque l’itinéraire intérieur de l’artiste», écrit Daquin (Voix du Nord, 1978).

En 1962,  MANOLI est le premier à faire fusionner le métal dans l’eau, ses projections faisant surgir du matériau des formes tourmentées, des végétaux ou des animaux.

Mais sa plus grande invention réside dans ses granits fondus au chalumeau, à 2.000 degrés. Dès 1963, cette technique fera naître du granit des formes puissantes, d’un noir profond. Un granit modifié jusque dans sa nature et pétrifié en autant d’Oiseaux, de Disques ou de Soleils.

Ces motifs, ces thèmes et ces techniques, MANOLI les déclina et les approfondit, pendant près de cinquante ans de création.

 
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